Henné, coloration végétale et rouquinitude

Coucou !

Aujourd’hui j’ai décidé de prendre soin de mes cheveux et de leur donner des tons roux/auburn sans produits chimiques. J’ai décidé il y a deux ans d’arrêter les colorations permanentes parce que ça assèche énormément mes pointes et que je n’ai pas remarqué une pousse notable de mes cheveux depuis lors (0 cm en deux ans ça fait quand même mal aux pointes quoi).

Aussi, j’ai épluché des millions, voire des dizaines de millions d’articles (j’exagère pas du tout, je trouve) concernant le henné, et j’ai décidé il y a six mois de me (re)lancer dans l’aventure. Pour être très honnête, j’avais déjà tenté le truc il y a 5 ans, et ça c’était soldé en catastrophe : j’avais décidé de faire ça à l’arrache, je n’avais pas bien dilué ma poudre dans l’eau, résultat : une pâte grumeleuse infoutable sur mes cheveux et des mains oranges pendant deux semaines (je n’avais même pas pris la peine de prendre des gants…). J’étais ressortie style 101 dalmatiens croisé Rox de Rox & Rouky : une chevelure dotée de belles tâches orange écureuil et d’énormes pans de cheveux restés châtain (ma couleur naturelle). Bref, un beau ratage.

Depuis, j’ai appris de mes erreurs et je me suis promis de respecter les instructions trouvées sur le net. J’ai donc retenté l’expérience l’hiver dernier, avec un résultat très chouette, naturel et 100% à base de plantes (que demander de plus, je vous l’demande !) et je réitère l’expérience aujourd’hui en vous faisant, au fur et à mesure, un petit compte rendu que vous pouvez reproduire si cela vous dit 🙂

Attention cependant , les colorations végétales comme chimiques peuvent entraîner des allergies. N’hésitez donc pas à faire des test cutanés pour chaque plante utilisée 24h avant en en appliquant une petite portion dans le pli du bras afin de vous assurer que vous faîtes votre couleur en toute sécurité ! N’achetez également votre henné qu’en étant sûre à 100% qu’il ne contient que la plante réduite en poudre, soit seulement la mention « lawsonia inermis » dans la liste des ingrédients (de même que vos poudre végétales). L’idéal serait qu’elles soient toutes issues de l’agriculture biologique également.

Les plantes que j’utilise :

Car oui, je n’utilise pas que du henné, mais un mélange de plusieurs plantes afin de donner du pep’s et d’autres vertus curatives à ma coloration ! Je les trouve toutes sur le site d’Aroma Zone, ce qui me garantit une coloration 100% végétale, et certaines issues de l’agriculture biologique.

Le Henné d’Egypte : ou de son nom scientifique lawsonia inermis, le henné peut avoir plusieurs provenances. De sa provenance, on peut en déterminer sa couleur finale : le plus clair de ceux que je connais est le Henné d’Egypte, qui donnera un roux très vif. L’intermédiaire est le henné du Rajhastan, qui donnera un roux un peu plus sombre, et le dernier, le henné du Yemen, donnera un roux profond, presque acajou. Il en existe sûrement d’autres sortes, mais je ne les connais pas toutes !

Le rhapontic : ou rheum rapontica, cette plante associée aux hennés clairs ravive les tons blonds et renforce encore plus l’éclat et le punch du roux donné par le henné.

Le curcuma : le curcuma longa est un rhizome (comme le gingembre) qui colore en jaune très vif. Idéal pour raviver encore plus le coté blond pétant d’un roux ! Cette racine a également des propriété anti-inflammatoire, apaisantes et anti-oxydantes.

La poudre de garance : la rubia tinctorum enfin, est une racine qui donne une couleur rouge/acajou profonde, qui va contrebalancer le jaune du curcuma et du rhapontic et donner de la brillance à ses cheveux !

La préparation

 Vous aurez besoin dans un premier temps : de gants en plastique afin de ne pas vous tâcher, d’un saladier mais pas métallique (préférez le plastique ou le verre), et enfin d’un pinceau de cuisine ou mieux, de coiffure (pour les colorations par exemple). Le pinceau sert surtout pour bien couvrir les petits cheveux du tour de tête (front, nuque et tempes). Ensuite, on va doser ses plantes pour obtenir un mélange à la rouquinitude parfaite ! Au niveau des quantités, j’ai fait un mélange contenant 40% de henné d’Egypte, et 20% de chacune des autres poudres de plantes, à savoir le rhapontic, la garance, et le curcuma. Evitez les gestes trop brusques  de plantes sont très volatiles et ça tâche un peu. Au niveau de l’odeur, ça sent carrément les épinards, une odeur de plantes, forte et verte, presque épicée. Je sais qu’il y a des personnes qui ne peuvent pas sentir cette odeur, moi personnellement j’aime beaucoup ! Une fois les plantes dosées, il faut maintenant passer à la préparation de la pâte.

Je fais dans un premier temps bouillir de l’eau, et je verse celle-ci dans mon mélange de poudres de plantes : plus l’eau est chaude, plus les pigments seront libérés ! J’avais aussi lu qu’on pouvait ajouter un liquide acide afin de raviver la couleur, mais après des recherches plus approfondies, il semblerait que ce soit plutôt l’inverse, et que l’ajout d’un acide ternisse la couleur au final. L’idée est de verser l’eau petit à petit tout en ne cessant pas de remuer (et en évitant de se brûler) pour enfin obtenir une pâte liquide, mais de consistance plutôt épaisse (du genre pâte à crêpes un peu)

Vous pouvez cependant ajouter un yaourt bio, une huile végétale (avocat, olive, argan) afin d’accentuer le pouvoir nourrissant de votre coloration ! D’autant plus si vous souhaitez laisser poser votre coloration toute une nuit par exemple : les bienfaits des huiles en feront un espèce de masque très apprécié ! Pour ma part, je n’ai pas mis d’huile dans ce henné là. Dans le précédent, que j’avais fait en décembre dernier, j’avais mis de l’huile d’avocat et de l’huile d’olive, toutes les deux très réputées pour nourrir le cheveu.

Lorsque votre préparation est prête, munissez-vous de gants et déposez un bref instant une petite portion sur l’intérieur de votre poignet (avant de soigneusement l’essuyer) : si c’est trop chaud, attendez un peu que celle-ci refroidisse jusqu’à une température supportable pour votre cuir chevelu : il faut que ça soit bien chaud mais n’allez pas vous bruler !

Ensuite, on passe donc à l’application de la pâte au pinceau à colo ou de cuisine (perso comme vous le voyez j’en ai pris un de cuisine en latex qui convient très bien ) sur le tour de la tête, puis sur les racines en délimitant des raies dans l’ensemble de la chevelure. Cette tâche est effectivement peu aisée : contrairement aux colorations classiques, le henné a tendance à faire des grumeaux qu’il faut étaler avec les doigts. Cependant si votre préparation a bien été mélangée (voire fouettée) et a une consistance épaisse, mais liquide, ça devrait être tout à fait faisable (en recouvrant votre espace de travail de journaux ou de tissus pour éviter de tout tacher !). Une fois cette étape terminée, on passe aux longueurs en étalant la mixture comme un masque, en portant s’il vous plaît des gants !

Car oui, ne l’oubliez pas : le henné, ça tache ! Les vêtements, la peau… Evitez donc d’en tartiner les murs, le sol et votre t-shirt préféré, mais n’hésitez pas à enduire généreusement vos cheveux : ça sera peut-être un peu lourd à porter pour la nuque, mais pas de risque que des mèches n’est soient pas imbibées.

Une fois votre tête recouverte de la préparation (qui a une délicieuse odeur d’épinards), recouvrez-la d’une charlotte ou de film plastique afin de garder la pâte au chaud. Le temps d’activation et de teinture des plantes est d’environ 4 heures. Pour un effet moins présent, vous ne pouvez la laisser que 2 ou 3h, ou dormir avec si vous avez envie de faire bénéficier à vos cheveux des vertus nourrissantes des huiles et des poudres végétales !

Vient ensuite le moment du rinçage ! Vous repeindrez très certainement votre douche (pas de façon permanente, la coloration ne prend pas sur la faïence don’t panic), et des petits morceaux vont malheureusement parsemer votre cuir chevelu : pas de panique cependant, ils seront partis dès le second shampooing ! Séchez-vous les cheveux avec une vieille serviette de toilette : on ne le répètera pas assez : le henné , ça tache ! Les premiers shampooings feront sans doute encore dégorger la couleur : sechez vous précautionneusement les cheveux, au risque de tacher votre pyj ou votre haut.

Et voilà ! Vos cheveux sont colorés ! Les premiers jours, la teinture est très pétante, car les pigments sont touts neufs ! Mais les jours suivants, elle va s’assombrir car ils vont s’oxyder au contact de la lumière (un peu comme le dedans d’une pomme).

Voilà le résultat sur moi :

Personnellement, j’adore les reflets cuivrés & la rouquinitude attitude, donc ce mélange de plantes me convient tout à fait ! 😉 On voit pas super bien avec la lumière du soir, et surtout la qualité pourrie de mon téléphone, mais je vous jure qu’à l’oeil nu & au soleil ça n’a rien à voir !

Pour les sources de mon article, je me suis informée de façon la plus détaillée dans le blog incroyablement fourni et précis de Tinuviel que vous pouvez aller consulter ici : Les Carnets de Tinuviel

N’hésitez pas à me faire part de votre expérience henné à vous aussi !

Ciao !



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